Un crédit court adossé au logement que l’on quitte
Le prêt relais permet d’acheter un nouveau bien avant d’avoir vendu l’ancien. La banque avance une fraction de la valeur estimée de votre logement actuel, et le capital est remboursé d’un seul coup grâce au prix de vente. Le produit est surtout répandu en France, où il porte ce nom ; ailleurs, on parle de crédit-pont ou de bridging loan.
Il ne concerne que les propriétaires. Un locataire sans patrimoine immobilier ne peut pas en bénéficier, et d’autres formes de financement ou d’aide lui conviennent mieux.
Ce que la banque examine quand on est sans emploi
Même adossé à un bien, un prêt relais reste un crédit : l’établissement veut s’assurer que vous pourrez payer les intérêts pendant la période de vente et, en général, la mensualité du futur prêt immobilier. Des allocations chômage pour seule ressource pèsent peu dans l’analyse, car elles sont limitées dans le temps.
Les éléments qui peuvent rééquilibrer le dossier sont concrets : le revenu stable d’un conjoint co-emprunteur, un capital restant dû faible sur l’ancien crédit, une épargne mobilisable, un bien facile à vendre dans un marché local actif.
- Revenus du foyer et du co-emprunteur éventuel
- Capital restant dû sur le crédit en cours
- Mandat de vente signé et estimations professionnelles récentes
- Apport personnel pour le nouvel achat
Durée, part avancée et mode de remboursement
Les banques qui détaillent leur offre annoncent une durée d’un an, renouvelable une fois, soit 24 mois au maximum. La Banque Postale mentionne un montant minimum de 15 000 €. La Banque Populaire indique que la part avancée se situe entre 50 % et 80 % de la valeur estimée du bien à vendre, souvent autour de 70 %, le capital restant dû étant déduit.
Le remboursement se fait in fine : pendant la durée du prêt, vous payez seulement les intérêts (et l’assurance), ou bien rien du tout en cas de différé total, les intérêts étant alors ajoutés au capital. Les conditions exactes varient d’un établissement à l’autre ; seule l’offre écrite fait foi.
Estimer le coût : un exemple purement illustratif
Imaginons un logement estimé à 250 000 €, avec 100 000 € restant dus. Si la banque avance 70 % de la valeur, soit 175 000 €, le relais net s’élève à 75 000 €. À un taux supposé de 4 % par an, les intérêts représentent environ 250 € par mois, soit 3 000 € sur douze mois.
À ce montant s’ajoutent les frais de dossier, la garantie et l’assurance. Chaque mois de vente supplémentaire alourdit la facture : demandez donc le TAEG complet et le coût total pour 12, 18 et 24 mois avant de signer.
Les pièces à préparer
Le dossier porte sur deux biens à la fois. Pour le logement à vendre : mandat de vente, estimations récentes, diagnostics obligatoires, avant-contrat s’il existe, tableaux d’amortissement des prêts en cours. Pour votre situation : derniers avis d’imposition, relevés de compte, justificatifs de ressources, y compris les attestations de France Travail si vous percevez une allocation.
Pour le nouveau bien, la banque demande le compromis ou une description précise, votre budget et l’apport prévu. Un dossier complet et cohérent accélère la décision.
Le vrai danger : la vente qui traîne
Le prêt relais arrive à échéance même si le logement n’est pas vendu. Passé le délai maximal, la banque peut proposer de transformer le solde en crédit classique avec mensualités, ce qui est lourd sans emploi, ou vous contraindre à baisser le prix de vente dans l’urgence.
Avant de s’engager, mieux vaut vérifier que le prix demandé est réaliste, consulter plusieurs avis de valeur et prévoir une marge de sécurité en trésorerie pour tenir toute la durée prévue.
Que faire si le prêt relais est refusé
Vendre d’abord, puis acheter, reste la solution la plus sûre quand les revenus sont incertains : une location temporaire ou un hébergement chez un proche fait la jonction. Il est aussi possible de reporter l’achat jusqu’au retour d’un revenu stable, ou de chercher un bien moins cher qui évite le recours au relais.
Le réseau des ADIL offre un conseil gratuit sur le financement d’un projet immobilier. Méfiez-vous de tout intermédiaire qui réclame des frais avant d’avoir obtenu une offre de crédit : une banque ne facture pas l’étude préalable d’un prêt de cette façon.
Questions fréquentes
Peut-on obtenir un prêt relais avec seulement des allocations chômage ?
C’est difficile. Les banques évaluent la capacité à payer les intérêts et le futur prêt immobilier ; des allocations limitées dans le temps rassurent peu. Un co-emprunteur salarié, un capital restant dû faible ou une épargne peuvent améliorer le dossier, sans aucune certitude.
Combien de temps dure un prêt relais ?
Les offres consultées prévoient environ 12 mois, renouvelables une fois, pour un maximum de 24 mois. Au-delà, la banque peut proposer de convertir le solde en prêt amortissable. Les durées exactes dépendent de chaque établissement et figurent dans l’offre de prêt.
Quelle part de la valeur du logement la banque avance-t-elle ?
Selon les informations publiées par certaines banques, entre 50 % et 80 % de la valeur estimée du bien à vendre, souvent autour de 70 %, en déduisant le capital restant dû sur l’ancien crédit. Chaque banque fixe sa propre règle.
Que se passe-t-il si le logement ne se vend pas à temps ?
Le prêt reste exigible à l’échéance. La banque peut proposer un crédit classique avec mensualités, ou vous devrez accepter de baisser le prix. D’où l’intérêt d’un prix réaliste, d’un mandat de vente actif et d’une réserve de trésorerie.
Organismes et liens utiles
- La Banque Postale – Prêt relaisPrésente le prêt relais : durée de 12 à 24 mois, remboursement in fine, pièces du dossier et montant minimum.
- Banque Populaire – Le crédit relaisExplique la part avancée, le différé partiel ou total, le coût et les risques du crédit relais.
- ANIL – Information logementConseil gratuit et neutre sur l’achat et le financement d’un logement, avec simulateurs et accès aux ADIL locales.
Liens vers des organismes tiers, sans lien commercial avec ce site. Vérifiez toujours les conditions auprès d'eux.
