Une situation à ne pas confondre avec le chômage classique
Le chômage intempéries du bâtiment et des travaux publics n'est pas l'assurance chômage de France Travail. Le salarié reste lié à son employeur ; c'est le chantier qui est interrompu, quelques heures ou quelques jours, pour des raisons climatiques qui rendent le travail dangereux ou impossible.
Cette différence a une conséquence directe sur les demandes de prêt : vous avez toujours un contrat de travail, donc un employeur, un salaire déclaré et un historique de bulletins de paie. Pour un prêteur, vous n'êtes pas un demandeur d'emploi, mais un salarié dont le revenu fluctue.
Ce que prévoit l'indemnisation
D'après la caisse CIBTP Grand-Ouest, l'indemnité journalière représente 75 % du salaire horaire de la veille de l'arrêt, avec une heure de carence appliquée une fois par semaine ou par période continue d'inactivité. Elle est plafonnée à 9 heures par jour, 45 heures par semaine et 55 jours (495 heures) par année civile.
Pour y avoir droit, il faut avoir effectué au moins 200 heures de travail dans le BTP au cours des deux mois précédant l'arrêt et se trouver sur le chantier au moment de l'événement. L'employeur verse l'indemnité avec la paie et se fait ensuite rembourser par la caisse. Elle n'est pas due si vous touchez la même période un arrêt maladie, des congés payés ou une autre prestation.
Calculer la perte réelle de revenu
Un chantier arrêté deux jours dans le mois n'a pas le même effet qu'un gel prolongé de plusieurs semaines. Prenez vos trois derniers bulletins : repérez la ligne d'indemnité intempéries, comparez le net perçu au net habituel, et estimez le manque à gagner mensuel.
Ce chiffre vous dira si le trou se comble par un simple décalage de prélèvements ou s'il justifie un financement. Dans la plupart des cas, l'écart d'un mois est modeste et ne nécessite pas un crédit de plusieurs mois.
- Un manque de 25 % sur quelques jours représente rarement plus qu'un loyer.
- L'indemnité compte pour les congés payés ; elle n'est pas soumise aux cotisations salariales habituelles, seulement à la CSG et à la CRDS.
Solutions de court terme avant de contracter un crédit
Parlez d'abord de vos échéances : bailleur, assureur, fournisseur d'énergie ou banque peuvent accepter un décalage de quelques semaines, surtout si vous présentez la preuve de l'arrêt de chantier. Demandez aussi à votre employeur s'il peut avancer une partie du salaire ; certaines entreprises le font pour leurs équipes.
Si l'arrêt dure, le CCAS de votre commune ou, selon les cas, un service d'action sociale lié à votre entreprise peuvent parfois verser une aide ponctuelle, sans remboursement. Ces dispositifs varient d'une région à l'autre.
Le microcrédit, pour un projet plutôt que pour un trou de trésorerie
Le microcrédit personnel du Crédit municipal de Nantes est présenté comme accessible à des personnes aux revenus faibles ou irréguliers, de 300 à 8 000 € environ, jusqu'à 84 mois, avec des frais de dossier limités à 60 € selon la page de l'établissement. Il finance un véhicule, des réparations, une formation ou des frais de santé, et nécessite un partenaire social conventionné qui monte le dossier avec vous.
L'Adie finance quant à elle des projets de mobilité vers l'emploi jusqu'à 8 000 € sur 60 mois au plus, par exemple pour réparer un véhicule indispensable ou financer un permis utile à votre métier. Aucun de ces prêts n'est conçu pour compenser une baisse de salaire passagère.
Si le contrat prend fin : passage à l'ARE
L'intempérie peut précipiter la fin d'une mission d'intérim, d'un CDD de chantier ou d'une période d'essai. Dans ce cas, vous basculez dans le régime classique : inscription à France Travail, délai d'attente puis éventuelle allocation selon la durée travaillée.
Un emprunt contracté pendant la période d'intempéries se rembourse donc sur un revenu qui peut changer de nature. Choisissez une mensualité compatible avec le niveau le plus bas de vos ressources, pas avec votre salaire des meilleurs mois.
Exemple illustratif et prudence
Un maçon en CDI voit son chantier arrêté plusieurs jours par le gel en février. Son net baisse de quelques centaines d'euros. Plutôt que de souscrire un crédit renouvelable, il demande à son bailleur de reporter la moitié du loyer d'un mois, et à sa banque de différer une échéance. Il garde le microcrédit pour l'achat, plus tard, d'un véhicule d'occasion.
Cet exemple est fictif et ne constitue pas une recommandation. Méfiez-vous des sociétés qui proposent un prêt « spécial intempéries » avec des frais payables d'avance : aucun établissement agréé n'en demande.
Questions fréquentes
Le chômage intempéries ouvre-t-il droit à des allocations de France Travail ?
Non, il s'agit d'une indemnité versée par l'employeur et remboursée par la caisse de congés intempéries du BTP, tant que le contrat de travail se poursuit. France Travail n'intervient que si le contrat prend fin.
Combien de jours par an sont indemnisés ?
Au plus 55 jours, soit 495 heures, par année civile et par salarié, selon la caisse CIBTP Grand-Ouest. Au-delà, l'indemnité n'est plus due ; un nouvel employeur peut exiger une attestation du précédent pour suivre ce décompte.
Un prêt est-il utile pour quelques jours d'arrêt de chantier ?
Rarement. L'écart de revenu est souvent limité et se gère par un report d'échéance. Un crédit n'a de sens que pour une dépense précise, comme un véhicule utile à votre emploi, et non pour combler une paie un peu plus basse.
Mon employeur peut-il me licencier pendant l'arrêt du chantier ?
En principe non, sauf faute grave, d'après le service public. Si vous pensez que votre contrat est menacé, conservez vos documents et prenez conseil auprès d'un syndicat ou d'un défenseur syndical.
Organismes et liens utiles
- Crédit municipal de Nantes – Microcrédit personnelMicrocrédit accompagné pour véhicule, formation ou santé, monté avec un partenaire social conventionné.
- Caisse d'Epargne – Clientèle fragile et microcréditOffre de gestion de compte à frais plafonnés et microcrédit Parcours Confiance de 300 à 8 000 € pour les dépenses du quotidien.
- CIBTP Grand-Ouest – Indemnisation du salariéTaux de 75 %, plafonds, conditions de 200 heures et mode de versement du chômage intempéries.
Liens vers des organismes tiers, sans lien commercial avec ce site. Vérifiez toujours les conditions auprès d'eux.
