À quoi sert l’assurance d’un prêt
L’assurance emprunteur rembourse tout ou partie du capital restant dû si un événement prévu au contrat survient : décès, invalidité, incapacité de travail et, en option, perte d’emploi. Pour un prêt immobilier, les banques l’exigent en pratique. Pour un crédit à la consommation, elle est le plus souvent facultative.
Le prêteur ne peut pas l’imposer sans contrepartie : il doit accepter une autre assurance présentant des garanties équivalentes. Vous pouvez donc la choisir ailleurs que dans l’offre de la banque.
Chômeur : ce que l’assureur regarde vraiment
Un assureur ne regarde pas votre statut, mais votre santé, votre âge, la durée et le montant du prêt, parfois votre profession. Être sans emploi ne change pas le tarif de la garantie décès ou invalidité en soi.
En revanche, le statut compte pour la garantie perte d’emploi. Beaucoup de contrats la réservent aux salariés déjà en poste depuis un certain temps et prévoient un délai de carence puis une prise en charge limitée dans la durée. Elle ne se souscrit pas après la perte de l’emploi : elle doit exister avant l’incident.
La loi Lemoine et le questionnaire de santé
Depuis le 1er juin 2022, la loi Lemoine supprime le questionnaire de santé pour les prêts immobiliers lorsque le capital assuré ne dépasse pas 200 000 euros par personne et que le remboursement s’achève avant le 60e anniversaire de l’emprunteur. Au-delà de ces seuils, le questionnaire reste exigé.
Cette règle ne concerne pas le crédit à la consommation ni le prêt professionnel. Pour un petit prêt personnel, vous resterez donc soumis aux conditions de l’assureur choisi, ou à l’absence d’assurance si elle est facultative.
Si vous êtes sur le point de reprendre un emploi, la situation évolue. Demandez si l’assureur applique une période d’essai ou une ancienneté minimale : une garantie qui ne joue pas pendant les premiers mois justifie rarement son prix.
Santé fragile : la convention AERAS
Si vous avez eu un problème de santé grave, la convention AERAS impose aux banques et aux assureurs un examen en plusieurs niveaux de votre dossier. Elle élargit l’accès à l’assurance sans le garantir : l’offre peut comporter une surprime ou une exclusion.
Le droit à l’oubli permet, pour certaines pathologies comme le cancer, de ne plus déclarer la maladie cinq ans après la fin du traitement, sans rechute. En cas de refus, demandez les motifs médicaux, interrogez d’autres assureurs et discutez d’une autre garantie avec la banque, comme une caution.
Changer d’assurance pour payer moins
La loi permet de remplacer son assurance de prêt immobilier à tout moment, sans frais ni pénalité, à condition que le nouveau contrat offre des garanties équivalentes. L’assurance de groupe de la banque est rarement la moins chère, surtout pour un profil jeune ou en bonne santé.
Comparez le coût total sur la durée du prêt plutôt que la mensualité seule, et regardez les exclusions : professions, sports, maladies préexistantes, durée de la prise en charge de l’incapacité.
Intégrer l’assurance au calcul du coût réel
Le taux annuel effectif global (TAEG) inclut l’assurance lorsqu’elle est exigée. Une offre à taux faible mais assurance chère peut coûter plus qu’un prêt légèrement plus cher avec une assurance externe.
Pour comparer deux offres, demandez par écrit le montant mensuel de l’assurance, le coût total sur la durée et les garanties incluses. Une comparaison honnête met côte à côte les mêmes garanties, les mêmes franchises et le même capital couvert.
- Quotité assurée : 100 % sur une tête, ou répartie entre deux emprunteurs.
- Délai de carence et franchise avant toute indemnisation.
- Limites d’âge de la garantie et exclusions listées au contrat.
Méfiance face aux offres trop belles
Un courtier ou un site qui promet une assurance sans questions pour tout le monde, ou qui réclame un paiement avant l’envoi du contrat, doit éveiller le doute. Vérifiez toujours l’immatriculation de l’assureur ou de l’intermédiaire auprès de l’Orias et ne signez rien avant d’avoir lu la notice d’information.
Si vous peinez déjà à tenir vos échéances, ne cessez pas de payer l’assurance sans prévenir le prêteur : un contrat résilié sans remplacement peut vous exposer à un défaut de garantie.
Questions fréquentes
Peut-on être assuré pour un prêt quand on est au chômage ?
Oui pour les garanties décès et invalidité, car l’assureur évalue surtout la santé, l’âge et le prêt. La garantie perte d’emploi est plus restrictive et doit être souscrite avant la perte de l’emploi. Demandez la notice pour connaître les conditions exactes.
La banque peut-elle refuser une assurance extérieure ?
Elle ne peut la refuser que si les garanties ne sont pas équivalentes à celles qu’elle exige. Elle doit motiver son refus par écrit. Demandez donc la liste de ses critères avant de comparer, pour que l’offre alternative les respecte tous.
L’assurance perte d’emploi est-elle obligatoire ?
Non, elle est généralement facultative et soumise à des conditions de statut, de carence et de durée. Elle augmente le coût du prêt. Demandez le détail des exclusions pour vérifier qu’elle vous protège réellement dans votre situation professionnelle.
Que faire si l’assureur refuse ma demande pour raison de santé ?
Demandez les motifs médicaux par écrit, sollicitez d’autres assureurs et rappelez à la banque l’existence de la convention AERAS. Vous pouvez aussi proposer une garantie alternative, comme une caution ou une hypothèque, selon la nature du prêt.
Organismes et liens utiles
- BNP Paribas Cardif – assurance emprunteurAssureur proposant des garanties décès, invalidité et incapacité de travail pour les emprunteurs ; vérifier les conditions de chaque contrat.
- Younited – crédit à la consommationÉtablissement de crédit en ligne dont les offres incluent une assurance emprunteur et une assurance maintien de revenu en option.
- Convention AERASSite officiel de la convention pour s’assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé, avec le droit à l’oubli.
Liens vers des organismes tiers, sans lien commercial avec ce site. Vérifiez toujours les conditions auprès d'eux.
